Région Grand Ouest : le nouvel eldorado des cadres Français

Actualités et conseils sur les carrières dans le grand ouest
Repérage
Publié le vendredi 24 mars 2017
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Par Louise Fontana

Il est bien fini le temps où l’on ne parlait du quart Nord-Ouest de la France que pour évoquer de verts pâturages et un climat capricieux. De Niort à Rouen, en passant par Brest, sans oublier les locomotives que sont Nantes et Rennes, le Grand Ouest est désormais reconnu au niveau national, et même international, comme une terre d’innovations avec une tradition entrepreneuriale, et qui, pour ne rien gâcher cultive la douceur de vivre.

 

La douceur de vivre dans le Grand Ouest n’est plus à démontrer. Que ce soit sur la qualité de vie ou les opportunités professionnelles, la région truste les premières places des classements avec Nantes, Rennes et Brest évidemment, mais aussi Tours, Caen, Angers, Rouen ou Quimper. Une attractivité qui ne doit rien au hasard, mais un travail constant des institutions. C’est le cas par exemple de la CCI Nantes Saint-Nazaire. « Côté attractivité, on est plutôt mieux qu’ailleurs, mais on a encore du chemin à faire, avoue Olivier Rocaboy, directeur de cabinet de la CCI. Nous travaillons sur les enjeux de demain avec des programmes spécifiques autour de la transformation numérique, de la transition énergétique et de l’industrie du futur. Développer notre attractivité, c’est s’assurer la création d’emploi », poursuit-il.

 

L’attachement des habitants à la région

Et question attractivité ça marche. Quand Cadremploi interroge les cadres parisiens sur les villes où ils aimeraient vivre et travailler, les communes du Grand Ouest brillent : Nantes (42 %), Rennes (19 %), Rouen (8 %) et Brest (7 %). Et la très grande majorité des cadres interrogés (75 %) se voient quitter Paris pour ses destinations d’ici 3 ans au plus tard. Des choix qui n’ont donc rien d’un simple rêve. Parmi eux, se trouvent certainement des natifs de la région qui souhaitent y retourner. Ce schéma est devenu un classique. Si bien que « les candidats venant de la région parisienne ont toutes leurs chances pour des opportunités dans le Grand Ouest », signale Benjamin Roche, directeur Grand Ouest du cabinet de recrutement Selescope. Lui, mieux que quiconque, peut parler de cette tendance. La croissance et le potentiel de la région ont amenés Selescope à vouloir s’implanter à Nantes et Rennes. Et le projet fut facilité par ce natif de la région qui travaillait pour le cabinet à Paris et avait bien envie de revenir y vivre.

 

Une attractivité numérique toujours au top

L’attachement des habitants la région qui leur donne envie d’y faire carrière est souvent présenté comme l’un des ingrédients qui expliquent la réussite actuelle du Grand Ouest. Conjugué à une population bien formée, grâce à de nombreuses écoles et universités de bon niveau et des loyers peu chers, c’est ce qui a convaincu Charles Cabillic a fondé West Web Valley, un accélérateur de start-up dans le Grand Ouest né en 2012. « Nous avons beaucoup d’atouts sur notre territoire pour que la transformation numérique soit synonyme de créations d’emploi, analyse-t-il. Aussi avec West Web Valley, nous voulons fédérer les énergies autour du numérique et créer un écosystème qui favorise l’émergence dans le Grand Ouest de fleurons européens ». Dans le même esprit, Francky Trichet, l’adjoint au Maire de Nantes en charge de l’Innovation & Numérique parle d’alignement des planètes pour expliquer l’ascension de la ville. « Le niveau de vie, l’esprit fédérateur autour d’une même énergie depuis l’attribution du label French Tech et la qualité de la formation explique sans aucun doute le succès de Nantes dans le numérique », annonce-t-il. Ainsi la filière numérique représente 22 000 emplois* à Nantes, avec une augmentation de 5 % en moyenne par an depuis 2010, et 2 800 créations de poste en 2016. Parmi les plus gros employeurs, on peut citer les ESN Gfi (présente aussi à Rennes), Accenture ainsi que Voyages Sncf ou le Ministère des Affaires étrangères. Autre bonne nouvelle et indicateur intéressant, le niveau des levées de fonds : « Nous sommes rentrés dans le radar des investisseurs, se réjouit Francky Trichet. Nous sommes passés de 6 millions en 2014 à 50 millions en 2016. Et l’attractivité économique, c’est de l’embauche », conclut-il. La filière numérique occupe une large place médiatique quand on évoque la région. Et pour cause, 4 des 13 des métropoles labellisées French Tech en France se trouvent dans le Grand Ouest : French Tech Brest+, Normandy French Tech, French Tech Rennes Saint-Malo et Nantes Tech. Résultat : le secteur IT est très porteur en termes d’embauches. Même si Samuel Marchand, directeur associé du cabinet de recrutement De Graet Consulting, tient à nuancer les choses : « Nous ne sommes pas encore au raz de marée que certains avaient annoncé. »

 

Une tradition entrepreneuriale dans l’agroalimentaire et l’industrie

Mais le succès médiatique de l’expertise IT et innovation du Grand Ouest a tendance à éclipser les autres forces de ce vaste territoire. « Pourtant, il n’y a pas que l’IT et les start up, il y aussi de belles histoires dont on n’entend pas parler comme Saupiquet qui a une usine avec près de 300 salariés à Quimper même », souligne Tristan Girard, chargé d’affaires chez Adeis RH. « Il y a une vraie tradition entrepreneuriale dans la région avec des groupes comme Fleury-Michon, Sodebo, Roullier ou Dubreuil », ajoute Benjamin Roche. Et quand on interroge les professionnels du recrutement de la région sur les plus gros volumes d’embauches, ils répondent agroalimentaire, industrie avec des fonctions commerciales, de maintenance, des chefs de projet bureau d’études. Et si tout le Grand Ouest possède un tissu économique assez homogène, on peut tout de même dessiner quelques spécialités. Comme la relation client à Nantes, les télécoms à Rennes, l’agriculture en Normandie et les assurances à Niort.

 

Les élections casseront-il ce bel élan ?

Que ce soit en Bretagne, Normandie ou Pays de la Loire, le marché de l’emploi des cadres se porte bien. Une tendance qui devrait se poursuivre compte tenu des prévisions de recrutement 2017 de l’Apec (voir encadré). « Évidemment, il y a plus de besoins à Nantes qu’aux Herbiers, mais le sentiment de reprise est global à tout le Grand Ouest, reconnaît Tristan Girard. Et cette reprise semble beaucoup plus pérenne que l’année dernière où il y avait des hauts et des bas selon les mois », se remémore-t-il. Et au vu du nombre croissant de candidatures par offre observé chez les cabinets de recrutement interrogés, le sentiment de confiance semble être partagé par les candidats. Toutefois, certains professionnels craignent que les élections présidentielles puissent faire naître un certain attentisme.

« Si on se projette dans l’avenir, l’enjeu du Grand Ouest sera de conserver sa douceur de vivre, remarque Samuel Marchand. Quand on voit les périphériques nantais et rennais, on se dit qu’il ne faut pas que ça devienne l’antichambre de la région parisienne », conclut-il.

À suivre

Source : Apec

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