Rouen : des cadres à l'épreuve d'un marché de l'emploi caché

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Publié le vendredi 31 mars 2017
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Par Quentin Velluet

Port commercial, industries automobile et agroalimentaire… Rouen est un véritable terrain de jeu pour qui souhaite évoluer dans l’industrie. Les entreprises du secteur se concentrent en ce moment sur leur transition numérique, notamment celle de leurs plateformes logistiques.

L’industrie ferait-elle son grand retour dans le club des secteurs qui dynamisent la Normandie ? C’est le cas de l’agglomération rouennaise où l’agroalimentaire, l’aéronautique et l’automobile permettent le développement de nouvelles activités tertiaires, liées à la fois aux transports et à la logistique, mais aussi au numérique. La French Tech locale s’est d’ailleurs donnée pour mission d’accompagner les usines dans leur transition numérique. Dans une commune où les cadres représentent 18 % des salariés, ce vaste écosystème booste le marché de l’emploi et donne des opportunités aux candidats.

 

Recherche responsables maintenance, logistique et production

En plein développement sur le bassin d’emploi rouennais, les entreprises de l’agroalimentaire font partie des gros demandeurs de logisticiens. « Les employeurs recherchent tout particulièrement des profils de responsables en maintenance, en logistique, en production et en méthodes d’industrie », explique Christophe Castel, dirigeant associé du cabinet Dimension RH. Entre le cacao de Cargill et Ferrero France au Grand-Quevilly ou le café de Segafredo à Sotteville-lès-Rouen, le secteur est omniprésent à Rouen et reste une importante source d’embauche.

 

Un marché caché et des recruteurs exigeants

Problème, d’après les employeurs : les talents manquent, notamment dans la production, la maintenance, les achats, la logistique et la supply chain : « Les entreprises rouennaises ne s’accordent aucune marge d’erreur et veulent des personnes expérimentées, diplômées et spécialisées sur un secteur, quitte à tomber dans la consanguinité », explique Christophe Castel. Résultats : « Sur des recrutements à plus de 60 000 euros de rémunération, elles ont pris le réflexe de faire appel à des cabinets parisiens », poursuit le recruteur. Une habitude qui a fini par créer un marché caché sur le bassin rouennais, qui empêche les cadres d’être informés des postes à pourvoir près de chez eux.

 

Faire preuve d’initiative

Une solution pour se faire remarquer ? Aller au-devant des besoins d’expert de la logistique comme Stef Transport ou le groupe Normandie Logistique, avec un discours bien rôdé soufflé par Jean-Michel Monnois, délégué régional de l’association pour le développement de la formation professionnelle dans le transport (AFT) : « Les entreprises des transports et de la logistique freinent elles-mêmes leur vision du métier. Elles n’ont pas encore saisi les enjeux et opportunités qu’elles avaient devant elles avec le numérique », analyse-t-il. Selon lui, l’avenir du secteur repose sur le supply chain management, c’est-à-dire des postes cadres qui consistent à analyser et observer les différents métiers et étapes intervenants dans la fabrication d’un produit pour définir et mettre en œuvre des idées et des innovations en matière de management, de logistique et de numérique. « Les entreprises ne recherchent pas encore ce type de profil. Ce qui entraîne chez elles un déficit de compétitivité et de différenciation », estime-t-il. Le cocktail expertise en ingénierie de process et gestion de la data, semble donc idéal pour qui veut démontrer qu’il est indispensable à l’entreprise qu’il démarche.

 

*Panorama socio-économique du bassin de Rouen – Pôle emploi 2016.

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