Rennes : la French Tech, moteur des créations d'emploi

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Territoire
Publié le vendredi 31 mars 2017
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Par Farah Sadallah

Rennes est la 7e ville de France où les cadres souhaiteraient s’installer, selon le classement réalisé par Cadremploi en 2016. Et le secteur du numérique y est pour beaucoup car il recrute en masse dans la ville. Pour preuve, l’écosystème numérique Rennes Saint-Malo occupe le 4e rang national en termes de densité d’emplois dans le numérique. Décryptage.

« Le numérique a le vent en poupe » affirme Emmanuelle Marchand, de la Maison de l’emploi de l’insertion et de la formation à Rennes. Et les cadres sont les premiers concernés par le recrutement dans ce secteur, à hauteur de 90 %. Sachant que le Pays de Rennes réunit plus de 50 % des emplois de l’économie numérique bretonne en 2015, selon la CCI de Bretagne, cette ville est donc bien l’endroit où décrocher un poste cadre. Labellisée French Tech en 2014, Rennes réunit 2 600 entreprises dans le numérique, soit 745 embauches par an entre 2008 et 2014, selon l’Observatoire métropolitain de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la vie étudiante**. Au total, la ville compte 24 000 emplois dans la filière, répartis dans différents secteurs d’activité.

Le marché de l’ingénierie et du conseil en système informatique décroche la palme en étant le principal moteur de créations d’emploi dans le numérique. On retrouve ce secteur dans les activités de services en informatique qui représente plus d’un emploi sur 2 dans le numérique à Rennes en 2015 (56,1 %), selon la CCI Bretagne. Et en l’espace de 6 ans, l’observatoire métropolitain a noté une hausse de 1 610 emplois, les principaux acteurs du secteur étant Capgemini, Sopra Steria, Claranet, Sogeti, Niji, Canon…

La cybersécurité fait aussi partie des expertises développées dans la ville et ses environs. 28 entreprises rennaises en ont fait leur activité principale. C’est le cas d’Ariadnext, jeune entreprise de 30 personnes, mais aussi Amossys, Secure-IC, Syrlinks… On compte 1 683 emplois au total dans cette filière, soit une augmentation de 543 en 6 ans, toujours selon l’observatoire.

 

Orange premier employeur de la ville

À l’inverse, les télécoms et la fabrication de produits numériques (électronique grand public, etc.) ne pèsent plus comme avant dans la dynamique de création d’emplois. Néamnois, ce secteur reste le deuxième plus gros employeur du territoire. Le marché résiste grâce à Orange, premier employeur de la ville qui détient un emploi sur huit dans le secteur du numérique. Ce chiffre permet à Rennes d’occuper le troisième rang national sur le segment des télécoms avec 5 374 emplois dans 67 établissements, dont 27 du groupe Orange. 

Cette perte de vitesse dans la création d’emploi ne touche pas les entreprises du webmarketing. Elles sont le 2e contributeur local en gain d’emplois avec une hausse de 839 emplois en 6 ans. Au total, on compte 2 959 postes dans 627 établissements. Ce phénomène est dû à la transformation digitale des postes. « Les entreprises demandent de plus en plus à leurs employés d’avoir des compétences dans le numérique », affirme Emmanuelle Marchand. Ces évolutions dans le digital ont donc donné naissance à des entreprises qui se spécialisent dans l’e-santé, l’e-service et l’e-learning. D’ailleurs nombreuses sont les start-up du territoire à se développer sur ces secteurs : 130 sur 194, soit 580 emplois. Bel exemple de réussite, Klaxoon, entreprise qui veut révolutionner les réunions en les rendant plus interactives et qui s’est vu honorée au dernier CES de Las Vegas, a embauché 50 personnes en 2016 et compte en recruter 50 de plus en 2017.

Les secteurs de la banque, de l’assurance, de la mobilité intelligente et l’AgroTic ont recruté quant à elles entre 10 et 25 % de plus entre 2008 et 2014, c’est un peu moins que les filières précédemment citées, mais non négligeable.

Moins importantes en nombre de postes, les croissances des recrutements dans les nouvelles technologies laissent espérer de belles perspectives : + 112 % pour le big data/cloud, +100 % pour la réalité virtuelle… 

 

Des secteurs en recherche de cadres très qualifiés

71,1 % des recrutements d’ingénieurs en informatique sont jugés difficiles par les employeurs rennais, selon l’enquête Besoins en Main-d’œuvre 2016 de Pôle emploi. Les candidats avec des compétences pointues comme la gestion des systèmes d’exploitation, android, et java tirent donc leur épingle du jeu. « Les profils ingénieurs et commerciaux sont de plus en plus rares », constate Matthieu Mallédant de Télécom Santé, qui recherche actuellement 3 postes de commerciaux dont un dans l’export et 8 postes d’ingénieurs en informatique. Plus rares, peut-être pas, mais plus courtisés, assurément.

Autre souci : la recherche du mouton à 5 pattes que constate Emmanuelle Marchand. Parmi les perles rares, les candidats qui maîtrisent à la fois le langage des ingénieurs et celui des commerciaux. « Au sein d’une entreprise dirigée majoritairement par des ingénieurs techniques, 70 % des jeunes commerciaux sont licenciés dès la première année, observe Guillaume Despagne, fondateur d’Ariadnext. Nous ne fonctionnons pas pareil, nous ne parlons pas la même langue. Les ingénieurs commerciaux me parlent reporting et CRM, quand moi je leur parle de résolution, projet, méthodes et java… ».

 

Le candidat profite de la forte concurrence du milieu

Ces embauches difficiles profitent aux candidats les plus qualifiés. Les ingénieurs en informatique ont plus de marge de manœuvre pour négocier leur salaire, sachant qu’ils gagnent en moyenne 3 000 euros brut dès leur première embauche à Rennes. Et ils ont le choix parmi de nombreuses entreprises, et de nombreux projets.  

 

** Source : Observatoire métropolitain de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la vie étudiante (AUDIAR, agence d’urbanisme et de développement intercommunal de l’agglomération rennaise 2014)

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